Jules Doublet - Les juifs


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Jules Doublet - Les juifs
Leurs passé, leur présent, leur avenir
1893


Ce serait grandement se tromper de croire que la véritable Question juive soit circonscrite dans les tumultueuses animosités qui, à l'heure actuelle, se rattachent à ce mot. La prodigieuse fortune d'Israël, l'insolence du proscrit d'hier, dominateur aujourd'hui, le large contingent qu'il prête à nos pires ennemis, l'animosité sourde ou la haine ouverte qu'il montre trop souvent à l'égard du catholicisme, les trahisons de son or, les impiétés de sa plume, son alliance avec les Francs-Maçons, les dangers véritables qu'il fait courir à la Société chrétienne; d'autre part, les revendications trop légitimes do celle-ci contre de tels dangers, c'est là une poussière aveuglante qui ne laisse pas assez voir le sol d'où elle jaillit. Or, ce sol vaste et profond existe ; il y a une Question juive, question la plus actuelle de toutes, sur laquelle le Cardinal Pitra prononçait naguère ces solennelles paroles : « Nous sommes en présence de l'un des faits graves de l'histoire contemporaine. II faut en effet, remonter bien haut dans les annales de l’église et peut-être faudra-t-il descendre jusqu'à la fin dos temps pour rencontrer un pareil ébranlement. »
Grande question que celle qui a le peuple israélite pour objet ! Question grave, ardue, complexe, mystérieuse et réservée.
Question grâce assurément. Nous pourrions en trouver la preuve tout proche de nous, sous nos yeux. Après des siècles d'immobilité et de silence, tout à coup, comme à l'improviste, le peuple Juif apparaît à notre Société déconcertée plus vivant, plus fort, plus audacieux qu'il n'a jamais été. Il rêve la domination universelle; il y travaille, il commence à y réussir, jusqu'à ce point de jeter dans la stupeur notre Europe en décadence. Comment ce peuple, si petit en nombre, si dénué de ressources durant de longs siècles, honni, haï, rejeté de partout, a-t-il pu parvenir en moins d'un siècle d'émancipation, à une telle puissance et rêver de telles conquêtes ? Ce problème restera à jamais sans solution satisfaisante pour ceux qui se mettent en dehors de la Révélation chrétienne. Pour nous catholiques la question juive est une question grave, surtout à cause de ce que nous savons de ce peuple. Son histoire ne ressemble à aucune autre; son passé est un passé divin. Elu par Dieu pour des destinées étonnamment grandes, dépositaire de la vérité religieuse, des promesses de la Rédemption, du premier Testament accordé à l'humanité, chargé de préparer les jours du Messie, portanteuses veines le sang dont le Messie devait naître, le peuple Juif n'a presque aucun des traits qui caractérisent les les autres peuples. Dans sa splendeur primitive, il dominait par sa civilisation les plus brillants empires; dans son crime et sa chute, il reste impérissable et aucune des destructions humaines n'a prise sur lui; dans sa haine du Christ il est plus passionné qu'aucun autre adversaire ; dans la vie étrange qu'il traîne depuis son déicide, s'il laisse voir un peuple frappé de Dieu, ne montre-l-il pas aussi une immortalité en réserve? Comme l'ange déchu qui, dans sa chute, a gardé ses puissances naturelles, Israël, à travers son crime et son châtiment, conserve ses qualités natives.
C'est là un peuple prodigieusement fort. Nous l'avons émancipé : il nous domine.

Une question juive, question grave entre toutes a surgi. Or, de cette question, qu'on le sache bien, le Catholicisme garde seul les solutions victorieuses, car seul il est le salut de tout peuple et la sauvegarde de toute société. Si les Juifs sont à l'heure actuelle un très grand danger pour la France, pour l'Europe, pour tous les pays où ils dominent en maîtres, le Catholicisme est seul de taille à se mesurer avec eux. D'autre part, c'est dans ce même catholicisme que les juifs trouveront leur véritable sauvegarde. L'Église conserve un invincible amour à ce triste et malheureux Israël que son antique et effroyable prévarication a fait maudire. Elle ne peut passer devant ce grand coupable sans lui donner les larmes de sa pitié et les paroles de sa vie éternelle. Sans l'Eglise catholique ni nos Sociétés modernes ne se tireront du péril juif, ni Israël lui-même ne trouvera de vrai salut.

La question juive est une question ardue. Si la domination juive est désormais un fait acquis et indéniable au milieu de nos Sociétés, comment briser cette domination ? Comment aussi profiler des ressources que la vitalité juive peut prêter à nos caducités et à nos défaillances, sans que cette vitalité nous devienne une insolente et insupportable tyrannie ?Trois conduites également dangereuses sont eu faveur. La Révolution a incliné vers une émancipation à outrance, croyant que plus elle émancipait les Juifs, plus elle en faisait des citoyens ; ne s'apercevant pas que le juif veut avant tout rester juif et former dans l'état un état plus prépondérant que l'Etal lui-même. Le Socialisme s'en viendra tout à l'heure réclamer l'assaut sanglant de la fortune juive. Mais depuis quand les pilleries violentes ont-elles procuré à une Société sa sécurité et sa force ? Hélas ! il en est d'autres qui tranchent à leur façon la question juive. Notre grand monde déchristianisé, sensualiste, fou de bien-être et de plaisirs, a prétendu faire servir Israël à ses vices et aux désastres financiers que ces vices amènent. L'or du juif ouvre à ces désœuvrés des perspectives enchanteresses, tout un monde de jouissances ! Ils s'y précipitent, et, s'il faut pour s'en faire les hôtes flétrir dans une promiscuité messéante la noblesse du baptême chrétien, il n'importe, pourvu qu'ils s'amusent.

Où sera la solution digne et puissante ? Dans l'Eglise catholique. Le jour où les Juifs, désabusés enfin de leurs erreurs, touchés de la grâce, émus de douleur et d'amour retrouveront comme Sauveur celui dont ils font, depuis leur déicide, l'objet d'une haine impie autant qu'implacable, devenus des frères,enfants de l'Eglise, ils apporteront aux Patries terrestres autant de secours qu'ils leur font à l'heure présente courir de dangers. La question n'a qu'une issue et c'est celle-là.
Car, remarquons-le, une pareille question n'est pas seulement grave et ardue; pour la dénouer avec sagesse et puissance, il faut savoir qu'elle est complexe. Étudions-la au Cavaire : elle est là toute vive et elle se montre sous son double aspect. L'Israël déicide est horrible à voir; il poursuit la Victime expirante d'une haine atroce; ses blasphèmes font frémir; il voue au Christ, à ses fidèles, à son Eglise, à la lignée chrétienne entière d'implacables haines et les enveloppe dans une vengeance sans merci. Mais est-ce là tout le peuple juif ? Non certes. A coté de cet Israël maudit, il en est un autre qui pleure, qui prie, qui souffre au pied du Golgotha. Marie est une Juive. Les Saintes Femmes, les Apôtres, les Disciples, l'Eglise de Jérusalem toute entière, ce sont là des enfants d'Israël. Par dessus tout, les dominant de la hauteur des cieux, l'Homme-Dieu qui expire s'est fait selon son humanité fils de David ; le sang qu'il verse pour le salut du monde il l'a pris des veines de ce peuple dont il est le rejeton mille fois béni, ex quibus est Christus se cundum carnem. Impossible à qui prétend étudier la question juive d'omettre cette saisisante considération.
On le peut d'autant moins que par là seulement se découvre le caractère le plus essentiel de la question juive, qui est d'être une question réservée. Dieu seul en est maître ; seul il tient renfermé dans les trésors de sa justice, de sa miséricorde et de sa sagesse, le présent et l'avenir de ce peuple. L'a-t-il pour jamais brisé au jour de son déicide ? Ou bien, après des siècles d'expiation, quand aura pris fin une obstination qui nous semble invincible, tient-il en réserve pour ce Prodigue des grâces de retour et des espérances de pardon ? Quel autre que Dieu peut le dire ?

Etonnante chose ! La situation des juifs préoccupe tous les esprits; les écrits se multiplient pour dénoncer leurs méfaits, signaler leur envahissante fortune, pronostiquer le sort qu'ils réservent à la France et à l'Europe; il n'est bruit partout que du prochain avenir de ce peuple, hier esclave, aujourd'hui dominateur et souverain mais qui se préoccupe de la pensée divine sur ce peuple ? Qui demande à la révélation des lumières pour éclairer cet abîme ? Qui semble se douter que l'avenir de la nation juive est l'impénétrable secret de Dieu ? Il en est ainsi pourtant. Aux termes qu'emploie le grand Apôtre, aux exclamations de stupeur qu'il fait entendre, nous voyons clairement qu'il s'agit ici de l'un des secrets les plus impénétrables de la Providence, que l'avenir du peuple juif répond à l'une des plus vastes œuvres de la sagesse et de la miséricorde de Dieu. Après que l'apôtre a disserté sur la chute d'Israël et sur sa restauration future: O profondeur, s'écrie-t-il, O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Oh ! qu’incompréhensibles sont ses jugements ! Oh ! qu'inscrutables sont ses voies ! qui a connu la pensée divine ?
Qui se fera le conseiller de Dieu ? Qui peut dire ce qu'il est expédient de craindre ou d'espérer, quant aux juifs ? Persécuteurs aujourd'hui, demain ils pourront être des frères, des soutiens, l'appui d'un vieux monde qui s'écroule dans le sensualisme et l'impiété. O profondeur ! .....

La véritable étude de la question juive doit donc se faire à la lumière des Révélations divines : c'est ce que nous allons tenter.



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