Joseph Douillet - Moscou sans voiles


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Joseph Douillet - Moscou sans voiles
(Neuf ans de travail au pays des Soviets)


Le livre qui a inspiré « Tintin au pays des soviets ».
M. Joseph Douillet fut consul de Belgique à Rostovsur-le-Don, puis membre de la mission Nansen, et fondé de pouvoirs de ce dernier pour le Sud-Est des U. R. S. S., délégué de l’European Student Relief et collaborateur de plusieurs Institutions internationales de secours en ce pays. Il vécut vingt-six ans en Russie tzariste, et neuf ans sous le régime des Soviets. Il raconte donc ce qu’il a vu et entendu, en homme qui connaît à la perfection les gens et le pays, possédant la langue russe aussi bien, et mieux peut‑être encore, que sa langue maternelle. Nous avons conservé à son récit toute sa saveur originale, donnant plus de force encore à ses souvenirs, à la véracité de son témoignage et à l’indignation qui l’anime.


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Avant-propos
Depuis quelques années, certains ouvrages traitant de la situation russe actuelle semblent faire prime sur le marché du livre en Europe. Des délégations d’ouvriers étrangers se sont rendues en U. R. S. S. Des journalistes mandatés par les plus grands quotidiens de la presse mondiale se sont déplacés pour enquêter impartialement sur la situation intérieure de ce pays. Des touristes firent ce « pèlerinage » en amateurs. Tous ont publié les impressions recueillies sur place, et il faut bien avouer que ces auteurs appartiennent à toutes les classes de la société : depuis les savants les plus éminents jusqu’aux plus humbles ouvriers, aucune couleur du spectre politique n’a fait défaut. L’extrême-droite et la gauche extrémiste ont placé leur mot dans la discussion. Les uns s’enthousiasmaient sur les beautés et les réalisations du régime communiste. D’autres, par contre, parlaient d’arbitraire, d’insupportables conditions d’existence, se manifestant quotidiennement dans le Paradis terrestre de l’Union soviétique. Évidemment, chacun d’eux prétendait détenir la vérité. Après tout, se demandait-on, de quel côté la trouver ?

Des conservateurs et des modérés dont on ne saurait soupçonner l’honorabilité et la sincérité de leurs sentiments anticommunistes constataient soudainement que les projets et les promesses soviétiques étaient en voie de réalisation rapide. Témoins oculaires, disaient‑ils, ils s’en portaient garants. En réponse à ces affirmations, certains ouvriers socialistes prétendaient, au contraire, avoir vu le peuple russe odieusement opprimé sous l’insupportable joug communiste. La raison de ces affirmations contradictoires est simple à trouver. Lorsque le gouvernement soviétique invite des étrangers à visiter l’Union, il ne donne jamais l’autorisation de circuler librement sur l’ensemble du territoire. Il exerce vis-à-vis de ces visiteurs une surveillance de tous les instants, tantôt déclarée, tantôt discrète, mais qui ne se relâche pas. Pour ce faire, il lance aux trousses des voyageurs des équipes de « guides » spécialement dressés et soumis à la discipline rigoureuse du Guépéou. Ce guide se fera un plaisir de faire visiter au voyageur « ce qui doit être vu » et, jouant un double rôle, répétera fidèlement à ceux qui le commandent quelle aura été l’attitude du visiteur et ses réactions au cours de ce pèlerinage. Cela, il est nécessaire que tout le monde en soit bien convaincu. Les communistes montrent aux voyageurs une certaine Russie préparée et camouflée de longue main pour de pareilles visites.
Tout ce qui, aux yeux du gouvernement soviétique, est indésirable, soit contraire à la doctrine initiale, soit révélateur d’un état d’esprit ou d’une situation trop lamentable, tout cela est écarté du rayon visuel des voyageurs de distinction. Ces derniers, pour la plupart, ignorent la langue du pays. Ils sont, dès l’abord, en contact avec des gens apeurés dont la bouche est close par la terreur et qui savent que la moindre indiscrétion leur vaudra de terribles persécutions qu’ils sentent déjà suspendues au-dessus de leur tête.
Il est également impossible à l’étranger de forcer le cercle d’isolement dans lequel on l’a placé de force, entouré comme il l’est par une équipe d’agents de la sûreté générale voltigeant autour de lui comme une nuée de mouches. Ces guides « officiels » connaissent, d’ailleurs, bien leur métier. Nombreuses sont les circonstances dans lesquelles ils n’hésitaient pas à montrer au voyageur de très anciennes institutions datant de l’époque tzariste, telles que Facultés, cliniques, Universités, sanatoria, comme des réalisations soviétiques.
Il faudrait, pour voir clair dans ces affirmations mensongères, être renseigné sur toutes les institutions telles qu’elles existaient avant la Révolution, et cela, il faut l’avouer, n’est pas possible. Il est nécessaire cependant de soulever le voile épais qui cache la vérité à l’Europe mal informée.
Eh bien, moi, je suis un Belge, j’ai passé trente-cinq ans de ma vie (de 1891 à 1926) en Russie, j’en parle la langue et j’affirme connaître le pays fond. Je m’y suis créé un large cercle de relations.
Pendant la Révolution, j’étais consul de Belgique en Russie. Depuis l’avènement des Soviets, je fus successivement membre de la mission anti-famélique dirigée par le professeur Nansen, haut-commissaire de la Société des Nations. J’en fus le fondé de pouvoir pour les territoires soviétiques du Sud-Est ; je fus directeur adjoint de la Mission Pontificale à Rostov-sur-le-Don, plénipotentiaire de l’European Student Relief et de plusieurs autres institutions internationales.
C’étaient là des conditions particulièrement favorables pour étudier minutieusement le fonctionnement du régime soviétique dans les conditions de la vie journalière et sur les lieux mêmes de son application.
Je jouissais d’une entière liberté de déplace-ment, liberté exceptionnelle en Russie communiste.
Ajoutez a cela les nombreuses relations que je m’étais faites dans toutes les couches de la population bien avant la Révolution, et vous comprendrez les raisons pour lesquelles je fus à même d’observer personnellement le tableau d’ensemble de la vie en Russie sous le régime communiste dans ses détails les plus intimes et les plus voilés.
J’ai vu l’intérieur de la maison, et non la façade qu’on illumine a l’intention des voyageurs de distinction.
En publiant ces mémoires, j’accomplis mon devoir d’honnête homme envers mes concitoyens et envers les hommes d’ordre de tous les pays. En 1918, mes compatriotes réunis dans la ville de Taganrog demandèrent au gouvernement belge de me nommer consul pour défendre leurs intérêts dans le Sud de la Russie. C’était la période difficile des années de guerre civile ; ils étaient alors dépourvus de toute défense officielle.
J’ai un devoir envers eux ; je leur dois de les mettre au courant de ce qui s’est passé dans ces régions où ils vécurent de longues années de labeur et y laissèrent leurs épargnes et les derniers biens qui leur restaient.
J’ai le devoir de crier à l’humanité tout entière, de ma faible voix, que le peuple russe subit un long martyre sous le joug insupportable du communisme.
Ce que l’on croit être sa résignation n’est que la crainte des persécutions dont le menace continuellement une implacable dictature.
Les peuples civilisés n’ont pas le droit de regarder sans parler le monstre communiste progresser en Europe. Ils n’ont pas le droit de le soutenir en reconnaissant légalement le pouvoir soviétique qui représente un immense pénil pour les États, la Société et la Civilisation.


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