Jacques de Morgan - Histoire du peuple arménien


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Jacques de Morgan - Histoire du peuple arménien
Depuis les temps les plus reculés de ses annales jusqu'à nos jours


Préface

Au cours de cette guerre interminable, la plus affreuse qui ait jamais désolé l’humanité, de toutes les nations en proie au malheur, l'Arménie a certainement été la plus infortunée, la plus torturée, la plus suppliciée, bien plus que la Belgique, bien plus même que la Serbie !
Victime des plus effroyables massacres des Turcs, soumise à toutes les plus cruelles horreurs, en partie délivrée par les Russes, puis tristement abandonnée par eux, elle a vu sa belle et rustique population, si laborieuse, réduite dans des proportions inouïes par les plus abominables tueries.
En même temps qu'elle est la plus malheureuse des nations, elle est aussi celle dont l'histoire, pourtant jadis si glorieuse, est la plus ignorée, pour la raison que, depuis des siècles, elle a été presque constamment courbée sous la plus intolérable des servitudes, sous la sanguinaire domination ottomane : c'est à peine si, en Occident, quelques érudits bien peu nombreux connaissent les origines arméniennes, les époques de l'antiquité et du Moyen Age durant lesquelles cette race, alors si belliqueuse, a joué le rôle le plus important dans l'arrière-Orient romain puis chrétien.
Quelques nobles fils de cette nation, tant et depuis si longtemps éprouvée, unis à quelques Français passionnés pour cette belle cause, ont estimé qu'il était urgent de faire connaître au grand public de notre pays de France, à nos alliés aussi, en un volume pratique autant qu'excellent, cette histoire si inconnue. Ils ont pensé que c'était un des meilleurs moyens d'intéresser le monde et la France en particulier au salut de ce peuple si méritant. Ces amis de l'Arménie ont bien voulu me consulter par l'entremise d'un d'entre eux parmi les meilleurs, le grand patriote Archag Tchobanian, pour savoir à qui ils devaient s'adresser pour mener à bien cette œuvre malaisée. Un nom s'est imposé de suite à mon esprit : celui de mon ami Jacques de Morgan, l'explorateur intrépide, le voyageur érudit et passionné, le grand archéologue à jamais illustré par les fouilles de Suse et d'Egypte.
Personne ne connaît mieux que lui, personne n'a davantage parcouru les vastes régions avoisinant l'Arménie et l'Arménie elle-même. Personne n'a étudié plus attentivement les origines mystérieuses et l'histoire de ces races groupées sur ces beaux territoires au sud du Caucase. Maintenant sa santé, très ébranlée par tant d'années de labeur opiniâtre, lui laisse, hélas ! de douloureux loisirs. Quand, sur mon avis, mes amis arméniens allèrent lui proposer d'écrire l'histoire de leur nation, de condenser ses annales si belles, si ignorées, en un volume d'un intérêt puissant qui serait répandu à profusion pour les besoins de cette cause sainte, il accepta aussitôt malgré ses souffrances, malgré l'éloignement où le retenait la maladie. Il se mit incontinent au travail, heureux de pouvoir encore se rendre utile à la cause sublime des peuples opprimés.
En deux années d'un ardent, labeur, il a réalisé celte œuvre si importante, ce livre d'un si grand intérêt pour un immense public qui ne sait absolument rien de l'Arménie. On m'a fait l'honneur très grand de me demander pour ce travail quelques lignes d'introduction. Je dois peut-être cette fortune à mes travaux sur les Croisades et sur l'histoire byzantine, travaux au cours desquels j'ai eu si souvent à citer les hauts faits en Orient de l'illustre race arménienne. « C'est la première fois, m'écrit Jacques de Morgan, que je ne rédige pas moi-même la préface d'un de mes livres ! » Je n'en ai pas moins accepté celte tâche flatteuse, tout en déclarant ma résolution bien arrêtée de n'écrire que quelques lignes non pour présenter à nouveau au public mon ami Morgan qu'il connaît déjà si bien, mais pour tenter d'attirer encore plus, si possible, l'attention de toutes les nations alliées sur le malheureux peuple d'Arménie et sur l'abominable et séculaire injustice dont il est la victime.

Je nourris l'espoir que beaucoup de Français, beaucoup d'alliés liront cet admirable exposé si clair, si intelligemment présenté de l'histoire d'Arménie, cette histoire de vaillance, d'énergie et de souffrance, durant des siècles, à l'ombre des deux Ararat, les géants de cette contrée. Pour moi, j'estime que de toutes les diverses périodes où les annales de ce peuple furent constamment belles et tragiques, il n'en est aucune offrant un plus vif intérêt que celle qui concerne la nation arménienne à l'époque des Croisades et l'action si considérable de ses valeureux souverains aux côtés des princes francs de Terre Sainte pour le plus grand bien des intérêts chrétiens d'outremer.

Je souhaite à ce beau livre le très grand succès qu'il mérite. Puisse-t-il contribuer, lors de la victoire finale maintenant si proche, à faire rendre à l'Arménie délivrée de l'intolérable oppression turque, la place légitime et définitive à laquelle elle a droit dans la future Société des Nations !

Septembre 1918.
Gustave Schlumberger.


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